22 octobre 2008

C'est moi ou bien ?...

      Il est temps que les vacances arrivent. Je n'en peux plus, physiquement et moralement. Mes BTS m'empêchent littéralement de dormir. J'ai passé une nuit blanche durant la nuit de dimanche à lundi, un vraie, sans dormir du tout, alors que le lundi est ma plus grosse journée. Ils m'angoissent, je ne sais plus quoi faire pour arriver à quelque chose avec eux. Je me remets sans cesse en cause, et ce qui me fait d'autant plus mal, c'est que quoi que je fasse, j'ai l'impression qu'ils ne feront jamais l'effort de se mettre au travail. Les cours se déroulent toujours de la même façon, j'essaie de leur faire travailler un texte, tout d'abord avec moi, puis en autonomie, et pour finir, je fais du cours magistral, parce que si je les laisse faire (enfin, si je les laisse ne rien faire serait plus exact), on ferait un texte en 4 heures minimum... Ce qui me gêne d'autant plus, c'est que je n'ai pas toute l'année pour me refaire avec eux, en janvier, je passe la main à la collègue que je remplace et j'ai l'impression que je vais lui laisser un champ de ruines, que je n'ai rien fait, qu'elle va devoir rattraper les 3 mois où j'aurai eu cette classe en charge. Je suis malheureuse de cette situation, et je ne sais pas comment m'en sortir. Je n'ai pas d'idée pédagogique pour faire évoluer les choses, parce que je n'ai jamais eu aucune formation sur la façon d'enseigner dans ces classes post-bac. De l'écrire, je me rends compte de l'absurdité de cette situation... Et ce qui me paraît plus grave, c'est que je n'ai plus envie de me casser la tête pour eux, hormis deux ou trois qui semblent avoir un minimum sinon d'intérêt, du moins de respect pour la matière et mon enseignement (quel grand mot en l'occurrence...)

      J'en viens à douter de moi, de mes compétences et de mes capacités. J'ai l'impression d'être un imposteur, de ne rien apporter aux élèves, et que quelqu'un va bien finir par se rendre compte que je suis cet imposteur, que je vais être démasquée et qu'on va me mettre brutalement face à mes manques, mes incohérences, mes erreurs... C'est le sentiment qu'une collègue, bien intentionnée sans doute, m'a plus ou moins mis en tête. Un jour que je faisais part de mes difficultés avec ces fameux BTS, elle m'a regardée et m'a dit, sur le ton de l'évidence même, comme si j'étais une enfant de 5 ans : "Mais enfin, il faut les tenir !" Merci mon bon seigneur, mais comment ??? Je ne joue pas à la crapette avec eux, je tente d'être à ma place et d'assumer mon rôle de prof, mais si je n'ai pas de prise en face, je fais comment ? Ce sentiment d'impasse est frustrant et déstabilisant. Je me sens comlètement impuissante à opérer un changement.

      J'espère beaucoup de ces vacances, peut-être trop. Quoiqu'il en soit, je vais changer d'air, aller faire un tour à Paname, voir des amis, faire un peu la fête, me faire cocooner chez mes parents et mes grands-parents, mais alors même qu'elles ne sont pas encore là, j'angoisse déjà à l'idée de reprendre début novembre et je compte les semaines effectives jusqu'à la fin de mon rempla (7...).

Posté par Hermione0908 à 23:26 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires sur C'est moi ou bien ?...

    Rapidement, je voulais juste te dire que le type de prof qui t'assène "faut les tenir" regarde souvent les autres de haut, mais qu'ils ont parfois eux-mêmes des soucis d'autorité... J'ai connu ça.
    Ne te remets pas trop en cause : notre métier est difficile et nous sommes seul(e) dans l'arène. Parfois nous réussissons, parfois nous échouons. Il faut apprendre à l'accepter, même si c'est difficile.
    Notre métier est basé sur l'échange, et si les élèves ne donnent rien, le cercle est brisé.
    Courage, Hermione !

    Posté par Virgibri, 23 octobre 2008 à 18:34 | | Répondre
  • Ouh la, je me reconnais bcp dans ce que tu écris. Attention à ne pas trop culpabiliser et penser que tu fais du mauvais boulot quand d'autres font un super boulot... C'est le manque de confiance en toi qui parle avant tout. Pense à toi , c'est vital (parole de prof qui a craqué cette année!).

    Posté par Anna, 24 octobre 2008 à 00:20 | | Répondre
  • Je serais toi, je me procurerais rapidement l'emploi du temps de cette prof, histoire d'aller écouter au porte comment elle les "TIENT".
    Et puis, je jouerais la conne "je me sens si désemparait, puis je redevenir simple stagiaire? Venir obsever ta maîtrise si parfaite de la gestion de la classe? Je t'en prie! J'a besoin d'aide soit mon maître, mon guide!
    On verra bien si elle est assez sûre de toi pour t'ouvrir les portes de sa classe.
    Ce genre de prof me fait gerber bien plus encore que les élèves.
    N'hésite pas à en parler, à la collègue que tu remplaces, à l'administration. Ce n'est pas avouer un échec, c'est juste faire évoluer les choses.
    Courage mais surtout BONNES VACANCES, n'oublies pas! Nous sommes des faignasses de profs qui profitent au frais du contribuable!

    Posté par Manu, 24 octobre 2008 à 06:09 | | Répondre
  • Je viens de tomber sur ton article et je t'avouerai que moi aussi je peux me reconnaitre dans ce que tu écris.
    J'ai été embauchée dans un lycée(collège, primaire, mater, la totale!) au Liban,sans avoir jamais enseigné, sans formation préalable si ce n'est un mois d'observation.(c'est un peu suicidaire, je l'avoue après coup)
    J'ai trois classes (CM, 6e et 5e) deux matières différentes (histoire-géo et français). Je galère vraiment, mais ce qui me pose le plus de problèmes ce sont les morveux de 5e, de vraies pipelettes, parfois insolents parfois désagréables. Impossible de faire cours sans les reprendre toutes les 5min. Impossible d'écrire au tableau car des que je tourne un peu le dos les bavardages empirent.
    Je rentre chez moi déprimée, découragée, chaque jour je me demande s'il ne vaudrait pas mieux arrêter le carnage pour éviter qu'ils ne perdent leur année et moi ma santé. Mais à côté j'ai des CM extraordinaires qui rouspètent quand la cloche sonne a la fin de l'heure, qui demandent si je ne peux pas rester une heure de plus (si si!!).
    Je me sens aussi perdue que toi. Je dois normalement en parler demain avec mon directeur pour le prévenir au moins de la situation dans laquelle je me trouve.
    7semaines c'est long mais au final tu seras libérée. Moi j'ai 8mois devant moi, et une inspection mi-novembre!
    Je te souhaite bon courage, je sais ô combien cette situation est difficile qu'on soit en face de gamins de 12ans ou de jeunes adultes! La remise en question est quasi spontanée pour nous qui devons apporter du résultat...!
    Au fond je me demande si ce métier est vraiment fait pour moi...!

    Posté par Syleen, 28 octobre 2008 à 15:53 | | Répondre
  • De tout coeur avec toi ^^

    Comme les autres, je me reconnais dans ce que tu écris! Je n'ai pas de formation d'enseignante, post-Bac ou autre, et à 23 ans j'enseigne l'anglais à deux groupes d'adultes. C'est ma langue maternelle et je n'y ai pas de diplôme, du coup ça m'arrive de perdre des mots, avoir des trous de mémoire, et je me sens toujours coupable de devoir avoir recours au dictionnaire!
    Quand ils sont dissipés, je m'arrête de parler et je pose ma montre sur le bureau. Le silence revient petit à petit, et quand ils sont entièrement silencieux, je regarde ma montre et leur dis le temps qu'ils ont perdu : ça peut aller jusqu'à une vingtaine de minutes! Puis je leur dis qu'on va rattraper ça à un autre moment... je le fais jamais, mais ça ils n'ont pas besoin de le savoir!
    Mais il faut tenir. Pas les tenir, juste tenir déjà toi-même. Ne jamais leur montrer que tu ne sais pas, ou que tu ne contrôles pas, ce sera pire. Il faut donner l'impression de maîtriser parfaitement son truc. S'ils t'interrompent pendant ton cours, tu continues à suivre ce que tu as prévu en disant que ce qu'ils veulent, tu l'étudieras avec eux plus tard. Ca marche aussi si jamais on te pose une colle.
    Courage.

    Posté par Emily, 29 octobre 2008 à 00:14 | | Répondre
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