12 octobre 2009
Moins de moi, plus d'estime
Dans la série je raconte ma vie.
J'ai toujours eu, depuis toute gamine, et aussi loin qu'il m'en souvienne, des problèmes de poids. Au collège, j'étais la copine boulotte des jolies filles. Au lycée, je suis passée par la phase inverse, et j'ai (trop) fondu comme neige au soleil. A la fac, la colocation aidant, les bons petits plats que l'on se faisait l'une à l'autre et les gâteaux au chocolat et à la crème de marron de sa grand-mère (une tuerie, je n'en ai jamais mangé d'aussi bons) ont eu raison de ma silhouette très amincie. Un régime plus tard, je me sens enfin bien, mais une histoire très compliquée avec un garçon me fait considérer le N*utella comme le seul allié valable dans cette vie si méchante... Puis, je commence à travailler, je fais beaucoup de route et dans la voiture, le grignotage fait passer le temps, et ensuite, les kilos s'installent insidieusement, sans faire de bruit, et pour ma malchance, j'épaissis de partout, donc je ne suis pas difforme, je prends juste plus de volume... Et je suis mal, mon Dieu que je suis mal... J'ai une sainte horreur d'aller acheter des vêtements, surtout avec quelqu'un, la honte de demander ma taille aux vendeuses, la honte devant les copines qui sont tellement jolies à mes yeux, minces sans être maigres, qui peuvent porter des choses que je ne peux même pas imaginer. Aller à la plage, à la piscine ? Oui, pourquoi pas ? Mais pour ce qui est de la plage, seule, dans un endroit où je ne connais personne et où je me moque de ce qu'on peut penser, et surtout à des heures où il n'y a pas beaucoup de monde. A la piscine ? Certainement pas la municipale, ce qui réduit les possibilités.
Ma meilleure amie m'a longtemps dit que je ferais un régime enfin, un vrai, le jour où je serais prête. Elle est jolie, c'est une ravissante petite demoiselle brune et pétillante, tout le contraire de moi. Elle ne m'a jamais regardée comme le monstre que je suis à mes yeux. Elle me soutient, avec cette phrase : "Quand tu seras prête, il faut que le déclic vienne de toi."
Et dans tout ça, je monte à cheval. Vous avez déjà vu un pantalon d'équitation ? Dans le genre ça ne pardonne rien... Et puis on monte en général avec un haut ajusté également, pour que le moniteur puisse corriger la position du dos, des épaules et aussi pour ne pas être gêné dans ses mouvements. La joie des contradictions... J'affiche ce corps tellement mal-aimé.
Pourquoi tout ce long développement ? Pour dire que ça y est, je l'ai commencé, ce fioutu régime. Seule, sans médecin, avec les conseils d'une amie qui a perdu ses kilos en trop grâce à ce régime. Au départ, sans même l'avoir annoncé à qui que ce soit. Pour moi, avec moi. Maintenant, les gens qui me sont proches le savent. Et le résultat ? 6 bons kilos en moins au compteur, au bout de 3 mois. Je m'étonne qu'au final, ça se passe aussi bien, aussi facilement presque. J'ai l'impression d'être enfin sur cette pente descendante que j'ai appelée de mes vœux pendant des années, ces années où à force de privation,s je perdais 1 kilo, 2 au mieux, que je reprenais aussitôt et qui me mettaient au supplice. Là, hormis la première semaine, où franchement, j'ai eu faim, vraiment, je commence à me sentir un peu mieux, je commence à faire la paix avec ce corps avec lequel je suis destinée à vivre. Encore un certain nombre de kilos pour arriver enfin à ce poids acceptable à mes yeux. Et pour la première fois depuis longtemps, j'y crois. Et je commence à arrêter de le désaimer, ce corps qui est le mien.
Commentaires
Aimes toi et le ciel t'aimera.
C'est un bon début.
@ le CPE : j'essaie, il y a des hauts et des bas.
Bravo Hermione!
Je te souhaite beaucoup de courage. Je suis passée par là l'été dernier, et je suis encore dedans. Je ne serai jamais une sylphide, je suis bien charpentée, j'ai des hanches, des seins, des cuisses solides... Mais j'avais atteint la taille 44. Y'a pire, mais je m'y sentais tellement mal. Et puis je me suis sentie prête. J'ai perdu 12 kilos. J'entre avec bonheur dans une taille 40. Y'a mieux... mais je me sens bien. Le plaisir à se sentir à nouveau jolie et plus légère n'a pas de prix, et puis faire les magasins, c'était devenu une torture et c'est à nouveau un plaisir, je ne suis plus obligé de choisir ce qui sur ma culotte de cheval et mon ventre fait le moins moche. J'aimerais perdre encore quelques kilos mais je ne s'acharne pas, par peur que par trop de privation mon corps se rebelle et reprenne. En tout cas ça fait un an que j'ai perdu ce poids et que je ne l'ai pas repris. Le yoyo est ce qui me fait le plus peur.
Le CPE a une fois de plus raison, j'ai découvert que quand on se trouve beau, les autres vous trouvent beau également. A la rentrée dernière les collègues me trouvaient resplendissante, d'ailleurs Galilée m'a remarquée, m'a observée, et est tombé amoureux.
Alors voilà, je te souhaite beaucoup de courage pour continuer, mais normalement, à ce stade ça ne demande plus tellement d'effort, chaque semaine est une victoire de plus.
@ Ema : Merci pour tes encouragements. J'ai encore pas mal de boulot devant moi, et une petite baisse de forme en ce moment. Mais le fait d'avoir franchi le pas me motive plus que jamais, et je me dit que j'y arriverai.
COurage. Tout le monde a eu un jour ou l'autre ce genre de soucis.
Les gens ne s'en vantent pas forcément, mais qd tu creuses un peu, ce genre de choses suintent de partout.
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