06 mars 2010

Mi-figue, mi-raisin

      Il y a des jours où l'on oscille, où l'on relativise. Des jours où l'on se sent utile, un peu, et des jours où l'on se dit que l'on est bien démuni.

      J'ai eu un concentré lors de cette semaine de rentrée. En vrac et dans le désordre, ça a donné une élève qui est venue me remercier, elle avait eu une attitude en cours qui m'avait inquiétée il y a quelques semaines, j'en avais touché deux mots à l'infirmière, et l'effet boule de neige, c'est qu'elle a réussi enfin à parler de ses problèmes avec sa mère et qu'elle va aller en parler à des gens dont c'est le métier. Et son sourire et son "Je voulais vous remercier", ça m'a toute chamboulée. J'ai l'impression d'avoir, indirectement, réussi quelque chose d'utile, et ça fait beaucoup de bien.

      En revanche, j'ai aussi eu droit à des moments de tristesse, une élève avec un mot des parents m'expliquant à mots couverts que c'est pas trop la fête à la maison en ce moment, et une gamine qui a débarqué en cours avec la tête de la jeune qui a pleuré pendant des heures. Et le comble de l'horreur pour moi a été cette élève, d'une dignité rare, qui demande à me parler à la fin de l'heure pour me dire qu'elle n'a pas pu faire tout son devoir pendant les vacances, parce que sa mère est décédée. Elle est déjà orpheline de père. Elle m'a parlé simplement, son attitude pleine de retenue, de pudeur, sans misérabilisme, m'a touchée plus que toutes les larmes qu'elle aurait été en droit de verser.

      Je prends d'autant plus conscience, devant ces quelques exemples, de la nécessité pour nous de savoir regarder nos élèves, de savoir passer au delà d'une certaine attitude, mais aussi de savoir déléguer et parler aux bonnes personnes en cas de besoin, parce qu'on n'est pas aptes à tout encaisser et parce que cela peut déboucher sur de bonnes choses. Et aussi du fait qu'il est difficile de savoir garder une certaine distance nécessaire avec eux ; cette petite dont la mère est morte, j'aurais bien aimé aller au-delà des mots pour lui exprimer toute ma sympathie, au vrai sens du terme.
      

Posté par Hermione0908 à 22:34 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Mi-figue, mi-raisin

    C'est ça, qui est beau dans le quotidien du métier, avec 1000 autres petites choses.
    Même si ce n'est pas facile à porter.

    Posté par Le CPE, 06 mars 2010 à 23:54 | | Répondre
  • J'imagine que ça doit faire mal de voir un(e) élève souffrir à ce point. Mais on est beaucoup à avoir étés ravis d'avoir pu compter, un jour, sur un de nos profs...

    Et en réponse à ton commentaire :
    Leur signification semble en effet très proche (d'ailleurs, le guide du khâlot et le guide de la faluche ont d'étranges similitudes...). Il provient en fait de l'X : les étudiants portent le bicorne, coiffure caractéristique, depuis la naissance de l'école, et comme la taupe (=prépa scientifique) avait au départ pour seul objectif de préparer à Polytechnique... Les préparationnaires se sont mis à imiter ceux qu'ils esperaient rejoindre. Les prépas littéraires, commerciales et véto les ont ensuite imités à leur tour...
    Si tu veux d'autres informations sur le folklore dans mon lycée (qui est une des prépa qui respectent le plus les vieilles traditions préparationnaires), demande. J'ai écrit un article, en février, sur le khâgnaval, notamment...

    Posté par Ju', 09 mars 2010 à 21:46 | | Répondre
  • @ Le CPE : On travaille sur de l'humain, ce genre d'événements nous le rappelle.

    @ Ju' : Je suis preneuse de tout ce qui concerne le folklore étudiant, je veux bien avoir plus de renseignements concernant le code et l'historique du khâlot. J'ai moi-même été falucharde, j'ai enterré il y a un peu moins d'un an (même si je ne sortais véritablement plus beaucoup depuis presque 2 ans). Tu peux me joindre par mail via mioneontheweb@hotmail.fr
    Je vais peut-être faire un article un de ces quatre à ce sujet.

    Posté par Hermione, 09 mars 2010 à 22:21 | | Répondre
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